La culture des diètes fonctionne précisément parce qu’elle échoue. Chaque échec entretient l’idée que vous devez essayer encore, mais autrement. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est l’industrie des diètes qui se nourrit de répétitions.
Vous commencez une diète avec espoir. Les règles sont claires. Les résultats arrivent parfois vite. Puis, la vie réelle reprend sa place (avec raison!). Vous déviez un peu des règles rigides. Vous vous sentez coupable. Vous abandonnez.
Ce scénario est fréquent et il est prévu. C’est un piège.
La plupart des diètes sont difficiles à maintenir. Elles vous incitent à ignorer votre faim réelle, vos habitudes, vos préférences, votre contexte et carrément vos besoins. Résultat : vous « échouez ». Mais cet échec vous pousse à croire que vous avez besoin d’un nouveau plan.
Après un échec, vous cherchez une solution. Vous voulez comprendre « ce qui n’a pas marché ». L’industrie des diètes vous propose alors une autre méthode. Plus simple. Plus flexible. Plus « adaptée » (je roule des yeux!).
Chaque nouvelle promesse relance le cycle.
C’est là que la culture des diètes est puissante. Elle transforme un échec assuré en opportunité commerciale. Vous n’êtes pas faible, ce n’est pas votre faute. Mais c’est ce qu’on vous laisse croire.
Les diètes imposent souvent des règles externes. Mangez ceci. Évitez cela. Respectez des heures précises. À force de les suivre, vous perdez contact avec vos signaux internes.
Avez-vous faim? Avez-vous assez mangé? Aimez-vous vraiment cet aliment?
Ces questions deviennent secondaires. Vous faites confiance à des règles plutôt qu’à votre corps. Quand vous ne pouvez plus suivre ces règles, vous vous sentez en échec.
Pourtant, c’est la méthode qui n’est pas digne de confiance, pas votre corps.
Chaque diète arrive avec une promesse : « Cette fois, ça va marcher. » Cette idée est séduisante. Elle vous donne de l’espoir.
Mais elle efface aussi les expériences passées. Vous repartez à zéro. Encore.
Ce recommencement constant maintient la culture des diètes en vie. Il empêche de poser un regard critique sur celle-ci.
Je vous propose un autre angle. Et si l’objectif n’était pas de réussir une diète? Et si l’objectif était de sortir de ce cycle?
Cela passe par des approches plus souples comme apprendre à écouter votre faim, respecter vos préférences, manger sans culpabilité.
Ce n’est pas magique. C’est parfois déstabilisant, mais c’est durable. Et c’est basé sur l’humain plutôt que sur des principes mathématiques qui vous traitent comme des machines.
Vous avez déjà des compétences telles que savoir manger et s’adapter. Ce que vous avez peut-être perdu, c’est la confiance.
Sortir de la culture des diètes, c’est reconstruire cette confiance. Petit à petit. Sans règles rigides. Sans promesses irréalistes. Sans blâme.
Stéphanie est nutritionniste. Vulgarisatrice scientifique, auteure de 7 livres, conférencière, chroniqueuse et créatrice de contenu sur les médias sociaux. Elle collabore depuis plus de 20 ans avec de nombreux médias à la télé, à la radio et sur le Web. Stéphanie est reconnue et appréciée par ses pairs et le public pour sa rigueur, sa capacité à expliquer simplement et son dynamisme. Dans chacune de ses interventions, elle simplifie l’alimentation et surtout la fait rimer avec couleurs, saveurs et plaisir.