« Regarde comme ce sapin est grand, alors que celui-ci est tout petit et touffu! As-tu vu cette fraise? Elle est rouge et ronde, tandis que celle-ci est encore toute blanche! »
En forêt, à l’épicerie, au zoo, nous avons ce réflexe spontané de pointer à notre enfant les différences du monde qui nous entoure. De manière naturelle, nous leur apprenons que chaque arbre, chaque fruit, chaque animal est unique et que cette diversité fait la beauté de la nature.
Lorsqu’il s’agit des corps humains, ce réflexe d’observation bienveillante est plus difficile à adopter... Pourtant, la diversité corporelle est un phénomène naturel : tous les corps humains sont différents, que ce soit par leur taille, leur poids, leur apparence, leur couleur de peau, leurs capacités, etc.
Comment garder cette candeur et transmettre à notre enfant que les corps humains (et son propre corps!) fonctionnent exactement comme le reste de la nature?
Contrairement aux fraises et aux sapins, certains types de corps sont valorisés par la société au détriment des autres. Notre culture nous conditionne à trouver beaux des attributs physiques précis, comme avoir un corps mince et musclé ou une peau sans imperfection. Ceci a pour effet de mettre certains physiques sur un piédestal, alors que tous les corps devraient être traités de façon égale.
À ce sujet, avez-vous déjà remarqué que, dans les émissions pour enfants, les « méchants » ou les personnages victimes de moqueries sont souvent ceux avec un corps plus gros? Et que les princesses et les héros affichent, le plus souvent, une silhouette mince ou musclée?
Chez les enfants, l’exposition aux préjugés corporels, qui associent les corps gros à des caractéristiques négatives comme la paresse, la méchanceté ou le ridicule, peut nuire à leur image corporelle. Elle peut aussi alimenter la peur de prendre du poids (parfois dès l’âge de 3 ou 4 ans!) et favoriser l’expression de moqueries à l’école.
Comme parent, la première étape serait donc de rester vigilants à cette réalité pour pouvoir en discuter avec notre enfant et lui transmettre des valeurs de respect et d’inclusion.
Sans nécessairement avoir « LA grande conversation », on peut utiliser plusieurs occasions du quotidien pour parler de diversité corporelle avec notre enfant.
Voici quelques pistes concrètes pour guider ces moments :
1- Utiliser un langage neutre et descriptif
Lorsqu’on parle des corps humains, on privilégie un langage qui décrit les différences sans les classer comme « bonnes/mauvaises » ou « normales/anormales ». Un vocabulaire neutre permet de rappeler que les corps peuvent être :
2. Nommer plutôt que nier les différences
Dans les petites conversations, on peut aider notre enfant à reconnaître les différences sans les transformer en jugements.
Ainsi, si notre enfant exprime un préjugé, on peut intervenir avec bienveillance en :
3- Faire de la place à la diversité corporelle dans l’environnement de l’enfant
Cela peut passer par les livres, les jouets ou les émissions auxquels notre enfant est exposé. L’objectif n’est pas de chercher une représentation parfaite, mais simplement de s’assurer que différents corps ont une place dans son quotidien, sans être associés à certaines caractéristiques stéréotypées.
Voici quelques suggestions de lectures mettant de l’avant la diversité corporelle :
Finalement, comme parent, on joue un rôle central dans l’environnement de notre enfant. Après tout, on est son premier modèle! On peut l’aider à valoriser les différences qui l’entourent en portant un regard respectueux sur notre propre corps et sur celui des autres. Chaque petit geste compte pour aider notre enfant à accueillir et à valoriser la diversité corporelle autour de lui!
Références: