Publié le Vendredi le 11 septembre 2026

Mon corps

Notre image corporelle et la perception que nous avons des corps sont influencées par divers éléments, notamment nos expériences personnelles, nos relations interpersonnelles, les standards de beauté, mais également les représentations offertes dans les médias.

Sans même nous en rendre compte, nous observons la manière dont les corps qui nous ressemblent sont dépeints dans les films, séries, livres, publicités, magazines, etc. Être capable de se reconnaître dans le contenu que l’on consomme offre un sentiment de validation et d’appartenance.   

Mais qu’en est-il lorsque ces représentations sont absentes ou stéréotypées?

Quand on s’intéresse aux corps gros dans les productions médiatiques, on réalise qu’ils sont souvent représentés de manière similaire et qu’ils correspondent à divers stéréotypes et archétypes. Les personnes grosses y sont présentées comme paresseuses, gloutonnes, idiotes, maladroites, risibles, ou encore méchantes. Ceci fait en sorte qu’on les retrouve davantage dans des rôles de vilain.e.s, de meilleur.e.s ami.e.s, de proches, de faire-valoir ou de comic relief.

Les protagonistes ou les intérêts amoureux sont davantage offerts aux personnes minces et correspondant aux standards de beauté, sauf si le poids fait partie intégrante de l’histoire du personnage. Il en va de même pour les valeureux.euses héros.héroïnes, les mentor.e.s de confiance, les leaders inspirant.e.s, les braves aventurier.ère.s, etc.

Quel impact cela a-t-il?

À force de se voir dans des rôles secondaires, ancrés dans des stéréotypes dévalorisants et contraints à des possibilités limitées, on finit par croire que cela est représentatif de la réalité. Que, par nos corps similaires, nous partageons nécessairement les traits (souvent négatifs) donnés à ces personnages.

Ces archétypes alimentent l’imaginaire collectif et jouent un rôle important dans la déshumanisation des personnes grosses qui sont réduites à des clichés et stigmatisées. Ils banalisent le mépris et la grossophobie qui existent à leur égard, qu’ils proviennent des autres ou qu’ils soient internalisés.

Cela fait en sorte que seuls certains types de corps sont présentés comme dignes, acceptables et désirables. Cela crée l’illusion nocive que, pour pouvoir espérer atteindre certains rêves, rôles ou aspirations, il faut avoir un corps avec une apparence définie, correspondant aux standards de beauté. Alors qu’en réalité, les personnes grosses, comme toutes les autres, peuvent être au cœur d’une histoire d’amour, vivre de grandes aventures ou réaliser des choses incroyables sans que leur poids soit au centre de leur histoire.

3 choses à garder en tête : 

1. Tous les corps méritent d’être représentés, visibilisés et valorisés

Ce n’est pas parce que notre corps ne se retrouve pas ou peu dans les modèles culturels majoritaires qu’il ne mériterait pas de l’être. Le problème n’est pas que notre corps diffère de ces derniers, mais plutôt le manque flagrant de diversité dans les modèles présentés.

2. Les stéréotypes à l’égard des personnes grosses sont nocifs et limitants

Restreindre les personnes grosses à des stéréotypes et des archétypes est dommageable et les empêche de s’épanouir pleinement. Toutes les personnes grosses ne sont pas pareilles, et la beauté, la dignité et la valeur ne se limitent pas à une seule forme, poids ou morphologie.  

 3. Les représentations médiatiques ne sont pas un reflet de la réalité

Il faut avoir un regard critique de ce qui nous est présenté et prendre un pas de recul face à ces représentations qui sont faites pour incarner des idéaux irréalistes. Évitons de nous comparer à eux et cherchons plutôt des modèles qui nous aident à nous sentir bien, quitte à les créer nous-mêmes.

Et vous, comment aimeriez-vous que des corps qui vous ressemblent soient représentés à l’écran?

Références :

Nadia Tranchemontagne
À propos de l'autrice

Bachelière en études françaises et finissante au baccalauréat en travail social, Nadia Tranchemontagne s’intéresse au pouvoir cathartique des mots et à la recherche d’émancipation face aux diktats de la société. Elle publie, en janvier 2025, son premier roman La grosse qui rêvait d’amour, alliant fiction et essai pour parler de ces sujets, mais également de troubles alimentaires, de grossophobie et plus encore.

 
La découverte du concept de neutralité corporelle à l’âge adulte a révolutionné sa manière de concevoir sa relation avec son propre corps. Soucieuse qu’on évite de remplacer la pression des standards de beauté par la pression de devoir s’aimer à tout prix, elle utilise ses réseaux sociaux et autres plateformes pour faire connaître et militer pour ce mouvement social qui prône une reconnaissance de la valeur humaine autrement que par l’apparence physique.


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