Faut-il interdire le dessert ?

Faut-il interdire le dessert ?

Rappelez-vous la dernière fois que vous avez interdit à votre enfant de toucher à un objet… A-t-il tenté de déjouer la consigne par la suite? Et bien, on peut observer le même phénomène avec la nourriture! Lorsque l’on interdit des aliments à notre enfant, on les rend encore plus désirables.

 

Petit rappel de nutrition

En tant que parents, nous savons qu’il existe des aliments plus nutritifs et d’autres qui le sont moins. Dans une alimentation équilibrée, la plus grande place doit être accordée aux aliments nutritifs appartenant aux groupes du Guide alimentaire canadien. Toutefois, les desserts sucrés et les grignotines font partie de notre culture. Par exemple, un gâteau lors d’une fête d’amis ou des croustilles chez les grands-parents. Les enfants, autant que les adultes, prennent plaisir à manger ces aliments. Ils ont aussi leur place dans une saine alimentation, tout est une question de fréquence et d’équilibre.

 

Une étiquette indésirable

Pour éviter que leur enfant ne mange trop de desserts sucrés ou de grignotines, certains parents vont les interdire à la maison. D’autres expliqueront à leur enfant qu’ils sont mauvais pour la santé, qu’ils font prendre du poids et qu’il est préférable de ne pas trop en consommer. Sans le savoir, ils apposent ainsi sur ces aliments une étiquette sur laquelle il est écrit en gros caractères : INTERDIT.

La capsule vidéo Faut-il interdire le dessert? le démontre avec humour : interdire des aliments à notre enfant augmente son attirance pour ceux-ci. Lors d’une occasion où ces aliments seront enfin disponibles, notre enfant risque d’en manger une quantité plus grande que ses besoins. Il se dira : « Je dois en profiter le plus possible maintenant, pendant que j’ai le droit! ». Il pourrait aussi avoir tendance à en manger en cachette et à se culpabiliser.

 

Quoi faire alors?

Vous désirez que votre enfant développe de bons comportements alimentaires à long terme? Appliquez ces quelques conseils auprès de vos enfants… et auprès de vous-mêmes!

Pour favoriser une saine alimentation chez votre enfant, votre rôle est d’offrir une variété d’aliments nutritifs tous les jours. À ce sujet, je vous invite à lire le billet de blogue Est-ce normal que l’appétit d’un enfant varie d’une journée à l’autre?.

Offrez la possibilité à votre enfant de manger des desserts sucrés, des sucreries ou des grignotines de temps à autre. C’est à vous de choisir la fréquence à laquelle ces aliments seront disponibles. Par exemple, vous pourriez décider qu’un dessert plus sucré sera au menu une ou deux fois par semaine. Les autres desserts de la semaine seront alors plus nutritifs : muffin maison, salade de fruits, yogourt, etc. Certains parents préfèrent ne pas fournir de dessert tout de suite après les repas. Des aliments nutritifs sont alors offerts lors des collations. Quant aux sucreries et grignotines, elles sont offertes à l’occasion. Chaque famille a ses propres habitudes et c’est correct ainsi!

Donnez l’exemple à votre enfant. Savourez tous les aliments avec plaisir et cessez d’en manger lorsque vous êtes rassasiés. Évitez les commentaires négatifs tels que : « Je ne mangerai pas de ce dessert, je dois perdre du poids! » ou « Cette pâtisserie n’apporte rien de bon pour la santé ». Privilégiez plutôt des commentaires positifs : « Ce gâteau était vraiment bon! Et toi, l’as-tu aimé? » ou « Je prendrai un petit morceau de chocolat car je n’ai plus très faim ».

Les sucreries et les grignotines sont des aliments occasionnels, mais ne doivent pas devenir des aliments-récompenses. Il est souhaitable qu’ils soient considérés au même niveau que les autres aliments, sans être placés sur un piédestal. À ce sujet, je vous invite à lire le billet de blogue Les aliments : un outil de négociation?.

Si votre enfant n’a plus faim après le repas, mais que le dessert lui fait envie, suggérez-lui de le manger plus tard en collation lorsqu’il aura faim de nouveau. Si votre enfant n’a pas terminé son assiette, mais a encore faim, offrez-lui tout de même le dessert prévu au menu.

Et vous, avez-vous des aliments interdits à la maison?

Références :

Dulude, G. et M. Marquis (2013). Relations entre les pratiques alimentaires maternelles et l’alimentation d’enfants québécois d’âge préscolaire. Can J Diet Pract Res. Fall;74(3):119-23

Hurley, K.M., Cross, M.B. et Hughes, S.O. (2011). A systematic review of responsive feeding and child obesity in high-income countries. The Journal of Nutrition, 141: 495-501.