Qui a des préjugés?

Les préjugés et la discrimination à l’égard du poids peuvent être véhiculés par tout le monde : des adultes aux enfants, en passant par les proches, les employeurs, les médias et même les professionnels de la santé.

 

En famille

Mon p’tit gros, ma toutoune, ma grande échalote… les propos répétés émis à l’égard du poids, même s’ils sont dits gentiment sans intention de blesser, entre les membres d’une même famille par exemple, peuvent avoir des répercussions importantes sur l’estime de soi et peuvent même miner les relations interpersonnelles1. Particulièrement chez les jeunes qui vivent, au moment d’entrer dans la période de l’adolescence, une crise identitaire importante et une remise en question de leurs repères. Selon une récente étude menée auprès de jeunes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, 38 % des filles ont reçu des commentaires négatifs sur leur poids de la part de leur fratrie, de leurs amis ou de leurs parents2

 

Dans les milieux de travail et chez les professionnels

Dans les milieux de travail, les personnes obèses font souvent l’objet de discrimination en étant moins susceptibles d’être embauchées ou promues. On leur attribue souvent un manque de motivation.

 

Les professionnels de la santé ne sont pas à l’abri des préjugés et peuvent eux aussi être influencés par les attitudes et les représentations sociales négatives à propos des personnes obèses. Il arrive que médecins, infirmières, nutritionnistes ou psychologues, offrent un traitement moins respectueux aux personnes obèses, en les percevant comme étant responsables de leur situation, paresseux ou manquant de volonté3

 

Chez les jeunes et les enfants

Les enfants sont également influencés dès leur jeune âge par les préjugés véhiculés par leur entourage et par l’ensemble de la société. Une étude menée auprès d’enfants a démontré que la plupart d’entre eux préféraient jouer avec un enfant handicapé qu’avec un enfant obèse4. À l’adolescence, les préjugés et la discrimination à l’égard du poids peuvent prendre une tangente beaucoup plus dramatique. On sait que 60 % des jeunes du secondaire sont insatisfaits de leur silhouette5. Dans ce contexte, les moqueries qui stigmatisent les jeunes plus ronds, plus maigres ou plus petits sont loin d’être banales. Lorsque les préjugés à l’égard du poids sont entretenus dans une cour d’école, leur portée grandit et ils deviennent une source fréquente d’actes d’intimidation. Une problématique inquiétante, qui ne doit pas être prise à la légère.

 


 

1 PUHL R.O., and HEUER C.A., (2009). "The Stigma of Obesity: A Review and Update", in Obesity (2009) doi:10.1038/oby.2008.636 en ligne : http://www.yaleruddcenter.org/resources/upload/docs/what/bias/WeightBiasStudy.pdf

 

2 DION J. et coll. (2009). Évolution de l’estime de soi et de l’insatisfaction corporelle de 14 à 18 ans. Enquête transversale Saguenay-Lac-Saint-Jean. Université du Québec à Chicoutimi.

 

3 ROBINSON B.E., BACON J.G. and O'REILLY J. (1993). "Fat phobia: measuring, understanding, and changing anti-fat attitudes", in The International Journal of Eating Disorders, Vol 14, No. 4.

 

4 LATNER J.D. and STUNKARD, A.J. (2003). "Getting worse: the stigmatization of obese children", in Obesity Research, Vol 11, No. 3.

 

5 LEDOUX M., MONGEAU L. et Rivard M. (2002). "Poids et image corporelle", dans Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois, 1999, Québec, Institut de la statistique du Québec, chapitre 14, p. 311 à 344.