Les problèmes de poids

Saviez-vous que…

En 2008, 35 % des Québécois avaient un excès de poids et 16 % étaient obèses1 : une situation alarmante qui représente un risque réel pour la santé des individus.

 

Parallèlement, les Québécoises et les Québécois sont de plus en plus nombreux à se préoccuper de leur poids, et ce peu importe leur format corporel. Selon des données publiées en 1998 :

  • Près de 50 % des femmes de poids normal souhaitent maigrir2;
  • 70 % des adolescentes font des efforts répétés pour maigrir ou contrôler leur poids3;
  • Le tiers des petites filles de 9 ans ont déjà tenté de perdre du poids3.

 

Un paradoxe

Les exigences et les normes de la société actuelle nous amènent à adopter un mode de vie de plus en plus sédentaire, de même qu’à utiliser la restauration rapide et à consommer des aliments préparés souvent riches en gras et en sucre; voilà des éléments qui peuvent favoriser le gain de poids.

 

Parallèlement, cette même société valorise des modèles corporels de minceur féminine et de supermusculature masculine qui ne correspondent pas à la réalité physiologique du corps humain.

 

Résultat : nous n’avons jamais autant parlé d’obésité et parallèlement, nous n’avons jamais été aussi soucieux de notre poids.

 

L’obésité, une source de préoccupation à l’égard du poids

Le fait d’avoir hérité, de par son bagage génétique, d’un corps plus lourd ou plus rond peut contribuer au développement d’une image corporelle négative. En effet, malgré la forte tendance à être politically correct dans notre société, un corps enveloppé demeure aujourd’hui l’une des rares caractéristiques visibles qu’il soit socialement acceptable de critiquer ouvertement, de désapprouver ou de marginaliser.

 

Porter un jugement sur l’assiette d’une grosse personne attablée au restaurant ou sur son panier d’épicerie, citer le poids d’une personne dans un article de journal sans aucun rapport avec le contenu de la nouvelle livrée, douter des aptitudes au travail d’un postulant bien enrobé, se moquer de la grosse cousine toujours célibataire, autant de choses courantes que l’on remet rarement en question.

 

Ainsi, la peur de devenir obèse amène de nombreuses personnes à se préoccuper excessivement de leur poids.

 

 

 

La préoccupation à l’égard du poids, un déterminant de l’obésité?

En réponse à cette peur de l’obésité, de nombreuses personnes préoccupées par leur poids entrent dans le cycle de la restriction alimentaire et des diètes à répétition. Depuis plusieurs années déjà, les personnes qui ont fait de nombreux régimes et les professionnels qui tentent de les aider ont posé l’hypothèse que ce phénomène, appelé « syndrome du yoyo », pouvait lui-même favoriser le gain de poids.

 

De plus, les jeunes qui suivent des régimes ou utilisent d’autres méthodes de contrôle du poids sont significativement plus susceptibles de développer un surpoids en vieillissant comparativement à ceux qui n’ont pas restreint leur alimentation dans le but de maigrir4. Ainsi, les personnes préoccupées par leur poids seraient plus enclines à développer un problème d’obésité.

 

L’excès de poids et la préoccupation excessive à l’égard du poids se côtoient et s’influencent mutuellement. Les solutions à ces deux phénomènes doivent tenir compte de cette interaction.

 


 

1 CAMIRAND, H. et autres (2010). L’Enquête québécoise sur la santé de la population, 2008 : pour en savoir plus sur la santé des Québécois, Québec, Institut de la statistique du Québec, 205 p.

 

2 IPSOS REID (2008). Canadian Women’s Attitudes Towards Weight, Sondage pour le compte des Producteurs laitiers du Canada.

 

3 LEDOUX M., MONGEAU L. et RIVARD M. (2002). « Poids et image corporelle » dans Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois, 1999, Québec, Institut de la statistique du Québec, chapitre 14, p. 311 à 344.

 

4 Field AE, Bryn Austin S, Berkey CS, and al. (2000). Frequent dieting predicts the development of obesity among preadolescent and adolescent girls and boys, Présenté au congrès du NAASO, Long Beach, Californie